La cité SNCF, ex P.L.M.


A Grigny/Rhône, Au grand Lyon, Non classé / jeudi, septembre 19th, 2019

La découverte du charbon autour de Givors et dans la vallée du Gier a permis le développement de l’industrie dans la région, à Grigny en particulier. Le village d’agriculteurs et commerçants se transforme, les environs du bourg historique changent. Avec les faïenceries, avec les hauts fourneaux Prenat, le territoire voit l’arrivée du train en 1829.

La cité P.L.M. les rues Darcy et Couriot, le Garon et la future rue de Pressensé

La ligne Saint-Etienne – Lyon, la seconde de France, passe par Grigny. En 1874, la société P.L.M. (Paris Lyon Méditerranée) annonce la création d’une gare de triage et d’un dépôt de locomotives sur le quartier des Arboras.

La gare de triage vue du sud

Les décrets ministériels fixent la construction sur les lieux-dits « Grande Plaine » et « Petite Plaine », les zones les plus fertiles de Grigny. Malgré les protestations des différents élus du conseil municipal, la décision est actée.

La gare de triage vue du Nord

Le quartier des Arboras prend son caractère industriel au cours du XIXe siècle. Il est vivant et ouvrier, une seconde ville s’est créé: « On est des Arboras ». « On est de Grigny ».

Une ville cheminote

Au début du siècle dernier, en 1923 précisément la société ferroviaire P.L.M. construit une cité ouvrière, pour loger ses employés et leurs familles. Cette « cité jardins » s’organise autour de petits bâtiments à 3 étages sur cave.

Les rues Couriot et Darcy en 1922, puis Gabriel Cordier en 1928 structurent la cité cheminote. En 1933, sur la rue de Préssensé les « bananes » sont construites, associées à la nouvelle école et au dispensaire, le nouveau quartier devient une véritable petite ville cheminote, très indépendante du village.

Le Dispensaire de la cité PLM

Au fil des années, les « cités » ont été étoffées, les architectures évoluant au fil du temps. Toutes construites sur le même modèle, les différentes cités P.L.M. se sont multipliées en France. Les bâtiments changent en taille suivant les villes.

De trois étages à Grigny, elles évoluent à cinq étages à Lyon. L’architecture reste la même, des détails évoluent, mais le caractère « industriel » des plans témoigne de la période où les gares aussi avaient des plans standardisés.

Ces cités P.L.M. étaient construites dans la verdure. Chaque appartement avait son jardin familial, les arbres apportaient l’ombre dans la cour de l’école ou du dispensaire.

Une cité Jardins, pas comme les autres

Autour des années 2000, les cheminots ont laissé la place à de nouveaux habitants. Certains ont eu le coup de cœur pour cette ambiance particulière de la cité, d’autres moins. Aujourd’hui, la cité SNCF, comme on l’appelle, reste un quartier symbolique de Grigny. Ils représentent ces cités Jardins ou ouvrières que nous avons à Grigny. Quelques années plus tard, en premier lieu à la reconstruction après 1945, les cités des rues Raffin, Perrat et Sabatier conservent le caractère de cités Jardins. Viennent ensuite les cités Pasteur, Jardins, du Flachat, Dutartre, de Bel Air, ou encore EDF, elles portent davantage les marques des années 50 – 70, même si le caractère paysager est privilégié. Cependant elles n’auront pas le caractère et le charme de la cité P.L.M.

Ecole maternelle Paul Gauguin

Cette richesse historique est à préserver, comme bon nombre de bâtiments qui témoignent du passé cheminot de la ville de Grigny : la Rotonde, la « coop » ou encore des bâtiments de la gare de triage. Nous nous attachons, la municipalité de Grigny, à faire vivre cette histoire. Les journées du patrimoine 2019 seront un de ces moments qui raviveront les souvenirs des anciens et attiseront l’intérêt des plus jeunes.