Nos déchets, quelles ambitions?


Au grand Lyon, Non classé / lundi, juin 24th, 2019

Lors du conseil de la Métropole de Lyon, je suis intervenu sur l’avenir de nos déchets sur notre territoire. Nos déchets, quelles ambitions pour une Métropole durable? Mes questions au président fixent le cap des réflexions que nous devons porter.

Mon intervention du 24 juin 2019

Monsieur le Président, Mes chers collègues,

La séance du Grand-Lyon du 24 juin 2019

Notre groupe vous avait alerté en janvier dernier, sur la situation bancale du contrat de la métropole avec la société EPR. Notre étonnement  était lié au fait que seule la métropole semblait assumer les conséquences financières liées aux difficultés de la société EPR. Rappelons que cette société est chargée d’assumer le retraitement des déchets métropolitains de type PCNC (Papiers Cartons Non Complexés issus de la collecte sélective ou des déchèteries).

Après de nombreux mois de péripéties financières, de procédures de sauvegarde en incapacité à respecter le contrat initial, la Métropole prend une sage décision en mettant fin au contrat de manière anticipée. Notre interpellation de janvier dernier était dans cet esprit-là. Nous avons une convergence de point de vue sur ce choix.  

Quand nos plastiques polluent les plages des pays qui acceptent nos déchets

Cet incident doit nous alerter davantage sur les difficultés des filières d’évacuation, de tri et de retraitement des déchets que nous produisons, qui dépendent pour certaines du bon vouloir de quelques grands pays.

De manière générale, notre métropole gagnerait à connaître votre stratégie à long terme sur la gestion des déchets. Tellement de questions se posent ! Je vous propose 5 exemples d’actualité :

Les investissements lourds :

  • Quid du remplacement de nos incinérateurs de Rillieux et Gerland, qui ont besoin de déchets pour fonctionner et assurer une partie du chauffage urbain ? N’y-a-t-il pas une incohérence à vouloir produire toujours moins de déchets, mais à finalement reconnaître qu’ils nous sont bien utiles pour le chauffage urbain ?
  • A quel horizon pourrons-nous discuter de leur remplacement ? Sur quel périmètre ?
L’incinérateur de Lyon-Gerland

La réduction des déchets à la source :

Le groupe déchets auquel nous participons nous a récemment éclairé sur l’augmentation substantielle des déchets plastiques dans nos poubelles grises depuis 2012, ainsi que l’explosion des volumes de cartons dans les poubelles vertes. A cause de la vente internet a priori, qui utilise beaucoup d’emballages.

Force est de constater qu’il y a encore beaucoup de travail, et que la métropole essaie tant bien que mal d’engager des démarches pédagogiques tous azimut pour inciter à réduire tout cela.

Ne faudrait-il pas passer à des mesures beaucoup plus coercitives, comme la réduction des collectes de bacs gris, au profit de l’augmentation des collectes de bacs verts ?

Pourquoi le refus de collecte des bacs verts est-il si long à être mis en œuvre. Vous semblez mettre le paquet sur la prévention, mais les mesures de sanction sont bien absentes de nos débats. Pourtant, l’évolution des taux de refus de tri dans la collecte sélective devrait vous inciter à réagir.

La gestion des bio-déchets

La métropole aura l’obligation de proposer des solutions de tri à la source des bio-déchets en 2025. C’est demain.

Les composteurs de la cuisine centrale de la ville de Grigny / Rhône

L’objectif de retour au sol de la matière organique à travers des filières de compostage ou de méthanisation est parfaitement louable, mais est-il bien à l’échelle des enjeux ? Dans le Schéma Des Energies, la méthanisation ne représente que 0,5% du total des énergies renouvelables à développer. Quant au compostage collectif, il est peu de dire que les élus du groupe Déchets étaient quelques peu dubitatifs quant à l’organisation de cette filière à des niveaux « industriels ».

Nous savons déjà qu’il y aura des surcoûts importants liés à l’organisation du service. Pour résumer, les bio-déchets seront compliqués à collecter et cela ne se fera pas à périmètre équivalent d’un point de vue budgétaire.

Les déchets du BTP, 27 millions de tonnes en 2018 en Auvergne-Rhône-Alpes

La gestion des déchets du BTP

Aujourd’hui nous sommes dans un paradoxe sur le secteur métropolitain, nous croulons sous les déchets du BTP et en même temps nous atteignons la fin de nos ressources. En effet un tiers des déchets en France sont des déchets du BTP, en Auvergne-Rhône-Alpes c’est 27 millions de tonnes en 2018. Quand nous savons que 80% sont inertes, ils sont une ressource nouvelle à exploiter. Quelle filière de valorisation souhaitons-nous mettre en œuvre ? Souhaitons-nous laisser le privé faire seul ? Souhaitons-nous l’accompagner ? L’encadrer ?

La gestion des autres déchets

Quand on parle des déchets, certains restent dans l’impasse. Evidemment nous pensons à la filière des plastiques. Quand les pays qui retraitaient, les uns après les autres abandonnent leur centre d’enfouissement, et cela est légitime, quelle filière mettons nous en œuvre ici ? Cette filière sera utile à notre métropole, mais aussi à nos campagnes françaises qui sont inondées de ces déchets. Mais au-delà de notre pays, nos océans et les territoires africains qui détruisent petit à petit leur faune et leur flore avec les résidus plastiques. Quelle assurance avons-nous aujourd’hui sur cette filière ? Est-elle vraiment durable au sens où nous l’entendons dans notre Métropole ?

Les déchets plastiques inondent les océans, condamnant la faune et la flore.

Plus anecdotiquement, mais ce poison est plus conséquent que nous pouvons l’imaginer, les mégots de cigarettes qui terminent au fond de nos rivières, dans nos poissons et nos océans. Combien de milliard de mégots, contenant des plastiques, des milliers de produits chimiques tels que l’acide cyanhydrique, naphtalène, nicotine, ammoniac, cadmium, arsenic, mercure, plomb polluent nos nappes phréatiques, notre faune et notre flore ?

Et maintenant que faisons-nous?

Ici car nous sommes une métropole innovante et espace de recherche pour une nouvelle industrie, que faisons-nous pour traiter au mieux nos déchets? Que faisons-nous pour créer des savoir-faire qui serviront le monde entier, comme nous savons le faire sur la santé ?

L’évolution de la biodiversité dans le monde, constat alarmant.

Comme nous avons déjà un sujet épineux avec la TEOM, nous sommes curieux de connaître votre vision des choses sur ces sujets Monsieur le Président ? Serons-nous vertueux pour les générations futures ?

Je vous remercie de votre attention.

Le président David Kimelfeld n’a pas répondu à mes questions, cela traduit-il un manque de vision ou un déni de démocratie?

Des liens et des informations

Des associations et des actions sont mises en place sur la métropole de Lyon

Pour la Métropole de Lyon, le site officiel