11 Novembre 2019


A Grigny/Rhône, Auprès de vous, Non classé / lundi, novembre 11th, 2019

Vous trouverez ci dessous des extraits du discours que j’ai prononcé en 11 novembre devant la Stèle de Verdun à Grigny lors de la commémoration du 11 novembre 1918. Comme il est de coutume seul le prononcé fait foi.

Une vue d’ensemble devant la stèle de Verdun

« Nous étions réunis l’an passé pour fêter les 100 ans de l’armistice de cette fameuse grande guerre. La « der des der » c’était la volonté des poilus, il n’en fut rien. Chacun le sait. Cette cérémonie du 11 novembre 2018 venait clôturer 4 années au cours desquelles le pays entier s’était engagé autour du travail de mémoire, pour ne pas oublier ceux qui ont combattu et perdu leur vie pour leur pays. Mais aussi pour se rappeler la folie et l’absurdité de cette guerre qui désola l’Europe entière, le monde entier.

Les porte-Drapeaux ouvrent le défilé

Le devoir de mémoire

Nous étions donc réunis l’an passé ici, comme des millions d’autres Français, de tous âges, de tous horizons. La commune de Grigny, en étroite collaboration avec Latitude Rando, avec les amis du Vieux Grigny, avec les écoles et les élus du Conseil Municipal des Enfants, avait organisé une commémoration exceptionnelle, à laquelle les Grignerots avaient répondu présents, témoignant de l’attachement qu’ils portaient au devoir de mémoire.

Les enfants avec Maurice Robert des « Amis du Vieux Grigny » et Maxime Montet.

A événement exceptionnel, mobilisation exceptionnelle, aurait-on pu penser.

Pourtant, quand je nous vois aujourd’hui tous ensemble, avec les enfants, élus du CME ou non, avec nos anciens combattants, avec vous tous, citoyens Grignerots, je suis heureux de constater que vous ne vous arrêtez pas à des symboles, et que le 101ème anniversaire est tout aussi important à vos yeux que le 100ème, car il participe tout autant à cet essentiel devoir de mémoire. Et je vous en remercie.

Les JSP et leur encadrement

Il y a 100 ans, donc, en 1919, la France était dévastée, particulièrement dans les zones de guerre. Des tranchées étaient revenus des poilus traumatisés, dans leur corps, dans leur chair, mais aussi dans leur esprit. Le pays commençait à mesurer l’horreur réelle de cette guerre, la première guerre industrielle, ce carnage sans fin, et on commençait à entendre « plus jamais ça ».

La 1ère guerre industrielle

En France : 1 400 000 morts et 3 600 000 blessés, mutilés ou paralysés ! Les fameuses gueules cassées ! A travers, ce décompte macabre et glaçant ne les oublions pas ! Car derrière ces chiffres, il y a une femme, parfois un mari, il y a un fils, une fille. Il y a une famille. Grigny aussi a été frappée. Ce ne sont pas moins de 210 Grignerots qui ont péris.

L’hommage devant le monument aux morts, inauguré en 1921

Et n’oublions pas qu’au côté des soldats de la Métropole, se trouvaient les combattants des colonies. Tirailleurs sénégalais, soldats du Maghreb, d’Afrique Noire et d’ailleurs. Tous ont défendu la France. Tous ont sauvé la France.

14 – 18, ce n’était pas que le front, ce n’est pas que la guerre. C’est aussi l’effort de guerre. Ce sont les femmes et les jeunes adultes qui travaillent dans les champs et dans les usines, pour remplacer les hommes mobilisés au front.  Bien sûr à Grigny, comme partout ailleurs, les femmes et les jeunes enfants ont remplacé les hommes aux usines Prénat en particulier et dans les champs. Les forces de l’arrière étaient essentielles, les forces de l’arrière étaient vitales. Ces anonymes, ne les oublions pas ! A eux aussi, nous devons leur rendre hommage ! ils ne sont pas sur nos monuments aux morts.

Les enfants du CME lisent pour faire vivre le devoir de mémoire

Il y a 100 ans, en 1919, Paul Valery avait cette phrase brute, profonde, et sans appel : « nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». Valery l’écrivait, d’autres en tiraient les conclusions qui s’imposaient. Le Président Wilson, en travaillant à la création d’une société des Nations, espérait permettre aux Etats d’éviter la guerre par la diplomatie et le règlement pacifique des conflits.

L’histoire nous a malheureusement montré que cette tentative échouera, et que les nations européennes, bientôt suivies par d’autres dans le monde entier, commirent de nouveau l’irréparable, dans une guerre encore plus meurtrière, où les civils furent les premières victimes.

L’Europe, devoir de citoyenneté

Heureusement, petit à petit la conscience d’appartenir à un même continent, d’avoir des valeurs communes, a fini par prendre le dessus. Les bâtisseurs de paix ont su prendre le pas sur les « faiseurs » de guerre.

Les pompiers et l’orchestre du Centre SocioCulturel

Aujourd’hui, l’Allemagne et la France sont en paix ; nos deux nations sont même devenues des moteurs de l’Europe.

Car c’est bel et bien cette belle idée d’Europe qui a permis à toutes nos nations de laisser derrière elles un passé douloureux, où la haine et la rancune n’ont plus de place, pour ensemble, affronter un avenir incertain, et les nouveaux enjeux planétaires. La 1ère guerre mondiale, puis la seconde, ont souligné cette évidence : l’Europe a un destin commun. Il appartient à ses habitants de le construire, pour ne pas se laisser emporter par le vent de l’histoire.

Car avec l’idée d’Europe, la démocratie est l’autre rempart pour nous préserver du retour des régimes autoritaires, des idéologies mortifaires, et de la haine de l’autre, qui nous ont conduit deux fois au bord du précipice.

Les nouveaux conseillers municipaux du CME ont reçu leur écharpe

Cette démocratie, nous entendons la faire vivre et prospérer tous les jours. Ce matin, les jeunes membres du Conseil Municipal des Enfants ont été intronisés, leur écharpe leur a été remise. Ils vont découvrir dans les semaines à venir le fonctionnement d’une institution, la notion de représentation, les débats, le vote. Ils insuffleront à tous les enfants de nos écoles, l’esprit de la démocratie.

Préserver la planète, une nouvelle guerre?

Nous espérons qu’ils catalyseront l’esprit de préservation de la planète. Parce qu’une fois encore, nous pouvons reprendre les mots de Paul Valery : « nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». Avec le réchauffement climatique, plus que notre civilisation, notre planète est devenue mortelle et avec elle des millions d’espèces, de faune et de flore. Une troisième guerre mondiale a-t-elle commencé ? C’est une drôle de guerre comme en 1940. On sait qu’elle est là, mais on ne la ressent pas. Et pourtant, nous devrons la gagner. C’est une mobilisation générale qui est nécessaire, de toutes les générations, pour sauver les futures générations.

De nombreux Grignerots étaient présents, jeunes ou moins jeunes

Devoir de mémoire,

Devoir de citoyenneté pour une nation européenne rassemblée éprise de justice, de paix et de liberté,

Devoir de mobilisation contre le réchauffement climatique :

Tels sont les enjeux de nos générations. La mémoire des poilus de Verdun, de la Somme et de tous les champs de bataille nous oblige. Soyons à la hauteur de leur dévouement, de leur sacrifice.

Vive la République, Vive la France »

Chaque enfant représente un combattant Grignerot mort en 14-18