Hommage à Samuel Paty


A Grigny/Rhône, Au grand Lyon, Auprès de vous, Non classé / mercredi, octobre 21st, 2020

Mesdames, Messieurs,

Aujourd’hui nous avons tenu à nous rassembler à Grigny, en respectant les mesures barrières, pour rendre hommage à Samuel Paty, enseignant d’histoire-géographie au collège du Bois de l’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.

Nos premières pensées vont pour l’homme, le père de famille, le mari mais aussi le fils. A ses enfants, à son épouse, à ses parents nous adressons nos plus sincères condoléances, et nous leur apportons notre plus chaleureux soutien.

Parce que derrière chaque victime du terrorisme, c’est une femme, c’est un homme, une famille, une histoire professionnelle brisée, une histoire personnelle à tout jamais volée. Ce n’est pas qu’un homme mais la vie de dizaines, de centaines de personnes qui est changée. Pour Samuel Paty ce seront des centaines d’élèves qui n’auront pas la chance d’apprendre l’Histoire Géographie avec lui.

Les auteurs de cet assassinat avaient ce but-là ! Faire que des centaines d’élèves n’aient plus de cours d’Histoire-Géographie avec Samuel Paty. Faire que des centaines d’élèves n’aient plus de cours d’instruction civique sur la liberté d’expression. Faire que des centaines d’élèves ne soient plus ouverts à la richesse du monde, à la libre pensée. Faire que des centaines d’élèves sombrent petits à petits dans l’obscurantisme pour qu’ils soient plus facilement manipulables.

Le projet de ces terroristes est le même de partout dans le monde. Le processus a été le même à Conflans- Sainte-Honorine. Il n’y a pas que la main qui tue. Il n’y a pas que le terroriste abattu. C’est une organisation, une volonté de déstabiliser nos pays pour mettre en place d’autres régimes, totalitaires, confiscatoires et oppressants pour les femmes et les hommes. Le processus est en marche. Telle « la vague », nous ne pourrons pas l’arrêter si nous ne sommes pas profondément unis et déterminés. Samuel Paty l’enseignait à ses élèves, les totalitarismes ne peuvent s’installer que parce que l’indifférence des hommes le permet. Ne laissons pas revenir un nouveau fascisme, ne laissons pas notre pays tomber dans la peur, dans les heures sombres.

Vendredi à Conflans-Sainte-Honorine une nouvelle étape a été franchie dans l’échelle de la barbarie.

Ces terroristes islamistes ont tué les dessinateurs de Charlie Hebdo, menacent les caricaturistes danois du journal Jyllands-Posten et cherchent à tuer Salman Rushdie depuis des années, parce qu’ils ont dessiné des caricatures ou écrit un livre. Ils ont tout simplement exprimé une idée contraire au dogme. Ils ont simplement exercé leur liberté de penser.

Ces terroristes islamistes ont tué des femmes et des hommes qui étaient en concert au Bataclan, aux terrasses des cafés, parce qu’ils vivaient librement en étant ouverts aux autres et au monde.

Ces terroristes islamistes ont tué des policiers, des militaires, parce qu’ils étaient des représentants de l’Etat. Un Etat libre et démocratique.

Ces terroristes islamistes ont tué des musulmans, des juifs et des chrétiens, parce qu’ils étaient musulmans, juifs ou chrétiens.

Vendredi Samuel Paty a été assassiné car il a simplement montré des caricatures, parce qu’il ouvrait les enfants de la République à la culture et à la liberté d’expression.

Demain devrons-nous être assassinés parce que nous ne baisserons pas les yeux devant l’oppresseur ? Demain devrons-nous être assassinés parce que nous sommes libres de penser comme nous le voulons ?

La résistance s’organise maintenant contre les terroristes islamistes. Combien serons-nous ? Les lanceurs d’alerte nous ont averti depuis des années, nous devons agir. Sinon, une nouvelle fois, Samuel Paty sera mort pour rien, il mourra une seconde fois si rien n’est fait pour sa mémoire. Sans notre détermination à nous unir autour des valeurs de la République et à résister aux terroristes islamistes, alors d’autres Samuel Paty tomberont. « Quoi qu’il arrive, la Flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas » comme nous l’a appris le Général De Gaulle en juin 1940. Cette flamme, il appartient à chacun d’entre nous de la faire vivre au quotidien. Les autorités ne doivent plus renoncer ni fermer les yeux. Notre vigilance restera le meilleur gardien de nos libertés.