La Canopée: les cimetières


A Grigny/Rhône, Accueil, Non classé / jeudi, décembre 10th, 2020

Depuis quelques années, à Grigny, nous élaborons la canopée de notre territoire. Ces arbres répondent à plusieurs problématiques et apportent de vraies ambitions pour une ville durable.

La première est bien évidement de lutter contre les ilots de chaleur, l’ombre créée permet aux personnes de se protéger du soleil mais aussi aux sols de ne pas monter en température. Cette moindre chaleur accumulée assure des nuits plus « fraiches » limitant les effets de chaleur nocturne, sources de stress pour les personnes, les animaux et les plantes.

La seconde est de régénérer les essences des arbres. Certains arbres ne sont plus adaptés au climat actuel, à Grigny, comme dans de nombreuses régions. L’épicéa va disparaitre des montagnes du Jura, victime du dérèglement climatique qui assèche et fragilise les arbres.

Les épicéas du Jura sont menacés en dessous de 1000 m d’altitudea

La troisième, elle peut apparaître moins évidente, relève de la lutte contre la pollution de l’air. Chacun est bien conscient que les arbres, par leur photosynthèse, absorbent le dioxyde de carbone de l’air, et en cela ils sont des puits de carbone, mais ils sont capables de bien plus. Depuis de nombreuses années nous savons que certaines essences sont capables de dépolluer les sols, les frênes par exemple, mais les recherches avancent sur la pollution de l’air. En préalable de l’utilité de cette « nouvelle » qualité des arbres, il convient de rappeler qu’ils sont des êtres vivants. Ils sont utiles, et doivent être protégés. Ils apportent beaucoup, mais en aucun cas ils ne sont l’unique solution à la pollution de l’air.

Le cimetière 1 s’enrichit de 3 arbres autour de sa croix centrale

Aujourd’hui, le plan canopée passe par le cimetière. Depuis quelques années, nous avons fait le choix d’arborer le cimetière de Grigny. Ce lieu de recueillement, bien trop minéral, doit évoluer. Cette année, 12 arbres seront plantés. Ils apportent chacun une part à la vue d’ensemble que nous souhaitons pour la canopée de la ville et ils préparent l’avenir.

Carnet de canopée

En plus des 6 premiers arbres plantés en 2017, deux ormes, un albizia, un pistachier, un érable frimani et un pin parasol, cette année nous planterons une douzaine d’arbres dont le descriptif est le suivant.

Un érable de Montpellier: Acer monspessulanum

Érable de Montpellier

L’érable de Montpellier est une des rares essences d’érable qui poussent bien sur les sols secs et calcaires. Il ne craint pas la sécheresse et résiste parfaitement à des gelées de -12°C / -15°C. Arbre à petites feuilles trilobées, vertes. Leur couleur avant de tomber en automne est d’un joli jaune doré. La floraison est précoce dans la printemps, faite de chatons roses, très mellifère: elle participe au bonheur des abeilles.

Deux Micocouliers de Provence ou arbre du Midi : Celtis australis

Micocoulier de Provence – Photo Krapo

Le Micocoulier de Provence est un arbre avec une cime ample, au port étalé et au fût court. Vigoureux, parfaitement résistant à la pollution et aux étés chauds, il résiste parfaitement jusqu’à -15° C.

Un Eucalyptus, le gommier bleu: Eucalyptus spp.

Eucalyptus – Photo Fotolia

L’eucalyptus, avec ses feuilles persistantes bleues argentées, est un grand arbre aromatique à croissance rapide. Il peut résister jusqu’à -20°C malgré ses origines australiennes.

4 Mûriers platanes : Morus bombycis ou Morus kagayamae

Murier Platane – Photo Baeza paysagiste-pepiniere

Le mûrier platane avec ses feuilles vert foncé propose une ombre de grande qualité, en particulier lors des fortes canicules estivales, elles virent au doré en automne. Il prend une forme de parasol en vieillissant alors qu’il est boule lors de ses premières années.

L’entrée du cimetière 3 sera ombragée par quatre muriers platanes

Un Chitalpa de Tashkent: Chitalpa tashkentensis

Chitalpa de Tashkent – Photo Musée National d’Histoire Naturelle

Le chitalpa de Tashkent supporte très bien la sécheresse, la pollution et les températures froides (-20°C). Il possède de belles fleurs roses abondantes du mois de mai aux premières gelées. Elles sont nectarifères pour le plus grand plaisir des abeilles et de tous les insectes pollinisateurs.

Charme commun : Carpinus betulus

Charme commun – Photo Observatoire des arbres de la Manche

Le charme est un grand arbre rustique de près de 30m de haut. Ses feuilles caduques d’un vert vif en été, elles jaunissent en automne et restent accrochées à l’arbre tout l’hiver.

Un chêne pédoncule fastigié: Quercus robur fastigiata

Le chêne pédonculé fastigié – photo ville du Plessy Robinson

Le chêne pédonculé fastigié, parfois appelé chêne pyramidal, est un arbre majestueux, à la longévité légendaire, propice au lieu. Son feuillage est intéressant, ses belles couleurs automnales seront appréciées à la Toussaint. Il présente également un intérêt faunistique car abrite et nourrit les oiseaux, il attire aussi les papillons. Ce chêne pousse sur les sols frais, meubles et riches mais bien drainés. Le « fastigié » apprécie les sols légèrement acides et préfère une exposition ensoleillée. Il supporte des températures jusqu’à -15°C. .