Quelles énergies pour demain et après-demain?


A Grigny/Rhône, Accueil, Non classé / mardi, février 15th, 2022

Plusieurs défis sont à relever pour que notre planète reste vivable et que l’humanité soit durable. Le premier d’entre eux réside dans l’arrêt puis l’inversement du réchauffement climatique. En cette période de Jeux Olympiques d’hiver chinois, nous mesurons le chemin à parcourir, l’Everest que nous devrons gravir.

Production mondiale d’électricité en 2018, près des deux tiers est carbonée

Demain nos actions devront être décarbonées, notre mobilité, nos industries et services, notre habitat, … bref tous les champs de notre vie seront bouleversés. Nous le savons, l’électricité sera une grande partie de notre solution. Nos chercheurs, nos ingénieurs, nos intelligences individuelles et collectives sont mobilisés pour trouver les solutions les plus adéquates à long terme, mais aussi celles nécessaires à la transition vers le monde idéal. Le monde de demain sera bien plus électrique, ce constat nous oblige à penser au mieux les moyens de productions, pour une électricité décarbonée.

Les objectifs du Pacte Vert pour l’Europe

Dans 30 ans l’Europe ne devra plus émettre un seul gaz à effet de serre, dans 8 ans plus de 55% d’entre eux devront disparaître. Ce sont les engagements du « Green Deal » européen mis en œuvre par la commission européenne depuis le 9 décembre 2020 pour une ambition de 600 milliards d’euros.

La sobriété comme première nécessité

Les solutions ne sont pas illimitées, elles sont parfois imparfaites. Avons-nous d’autres choix ? A quoi sommes-nous prêts à renoncer ? Les économies d’énergie, la sobriété énergétique, la moindre consommation, le refus du gaspillage et de l’obsolescence programmée sont des pistes exigibles pour tous. Mais elles ne suffiront pas car aucun homme, aucune femme ne voudra revenir au monde d’avant. On peut le déplorer mais soyons lucides. Les responsables politiques prendront un certain nombre de mesures pour accompagner ces changements, mais pas au niveau d’une nécessaire inversion de nos vies.

Quelles solutions s’offrent à nous ?

Nous les trouverons dans de nouvelles recherches, par des sauts technologiques, par des nouvelles façons de penser. Des investissements massifs (11 200 milliards d’euros entre 2021 et 2030 d’après la cour des comptes européenne et 145 milliards pour la France) devront être faits pour moins consommer de gaz à effet de serre, pour donner de nouvelles formes de productions électriques ou des moyens de déplacements et de productions décarbonés.

La fusion nucléaire, source durable d’énergie, dans un champs magnétique torique

Quelles énergies décarbonées pour demain ?

La plus vertueuse sera la fusion nucléaire, elle s’appuie sur une ressource illimitée et génère zéro déchet. Cependant les Tokamak ou autres ITER, voire les nouveaux « soleils artificiels », sources de nombreuses recherches, ne donneront pas de réponses dans les prochains mois. La France, avec le site de Cadarache au nord d’Aix-en Provence est à la pointe de la recherche. Ce site bénéficie d’une recherche mondiale avec les autres sites britanniques, chinois ou américains. Mais soyons raisonnable, nos chercheurs, ces nouveaux Prométhée, ont encore besoin de quelques années pour maitriser des « soleils terriens ».

Barrage hydroélectrique de Roselend dans le Beaufortain en Auvergne-Rhône-Alpes

Aujourd’hui l’hydroélectricité est une des principales réponses naturelles. En Région Auvergne Rhône Alpes, elle permet d’obtenir une électricité décarbonée, grâce au Rhône, à la Loire et leurs affluents.  Ainsi, avec une production en 2020 de 20 709 GWh, notre Région est la première région productrice de France. Cependant les ressources semblent exploitées au mieux, les prochaines avancées seront certainement plus complexes ou moins quantitatives dans la production. Les hydroliennes maritimes seront aussi à explorer mais nous ne savons pas quel seront leurs impacts environnementaux.  

Les éoliennes et le photovoltaïque sont des pistes intéressantes même si elles apportent leurs lots de difficultés. Avec les gênes visuelles et sociétales, les premières n’ont pas trouvé un fort développement sur la Région avec une production en 2020 de 1150 GWh, Auvergne-Rhône-Alpes se classe à la 10e place nationale.  Les panneaux photovoltaïques posent la question de leur recyclage, mais un travail de recherche nous permettra d’avancer sur un cercle vertueux à terme. La Région Auvergne-Rhône-Alpes est sur le podium des régions françaises avec une production 2020 de 1367 GWh. Forte d’un bon ensoleillement et d’un territoire conséquent, elle se situe à la troisième place des régions derrière Nouvelle-Aquitaine et PACA. Cependant ces sources d’énergie sont très éloignées en terme de production de l’hydroélectricité sur notre Région.

Les trains à l’hydrogène, une ambition pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes

Hydrogène, une réponse pour les mobilités?

Une autre énergie décarbonée qui monte en puissance dans les usages en particulier des mobilités : l’hydrogène. Elle sera une réponse pour les mobilités autonomes en particulier dans les secteurs moins urbains ou les inter-cités, comme les trains, les poids-lourds ou demain les bateaux à moins que les réacteurs nucléaires deviennent la solution la plus efficiente comme dans les sous-marins ou les brise-glaces. Cependant l’hydrogène vert à un bel avenir en France et en particulier dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes au sein de laquelle l’investissement est important.

L’énergie Nucléaire est décarbonée, souvent contestée, elle est une énergie de transition

Nucléaire, l’énergie de la transition?

Enfin l’énergie décarbonée disponible aujourd’hui la plus productrice d’électricité reste le nucléaire. Elle est, par excellence, l’énergie de la transition. Souvent victime d’un rejet, parfois idéologique car les premières centrales permettaient d’obtenir du plutonium utile pour l’armement atomique, elle le fut parfois par crainte, le nucléaire fut meurtrier avec Hiroshima et Nagasaki, mais aussi lors de catastrophes importantes comme Tchernobyl, Three Mile Island ou encore Fukushima. Les centrales nucléaires civiles restent une bonne solution pour la transition énergétique. L’absence de consensus des experts, comme ce fut le cas sur la pandémie de la Covid 19, nous incite à considérer cette énergie comme transitoire. Cependant fort développées en France, les centrales nucléaires permettent une production électrique stable et décarbonée. Dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la filière nucléaire rassemble 1200 entreprises et 48 000 emplois, avec 14 réacteurs elle a produit 77 200 GWh en 2020.

En France la production électrique est à plus de 91% décarbonée

D’autres filières sont à considérer. La géothermie apparait comme une solution viable et durable, néanmoins elle n’est pas accessible facilement sur tous nos territoires et peut demander des investissements importants. Le bois, vertueux dans les constructions, son utilisation en chaufferie reste émettrice de carbone. La méthanisation nous permet de faire de nos déchets une ressource, mais sans pour cela être idéale non plus.

2050: Zéro Gaz à Effet de Serre, notre défi!

Nos contraintes sont immenses, mais nous devons atteindre au plus vite la neutralité carbone, la vie sans gaz à effet de serre. Devons-nous demander que « la terre s’arrête de tourner pour descendre » ?  Non, nos enfants ont le droit de vivre dans les meilleures conditions, nous devons changer nos modes de vie, nos modes de consommation, nos modes de déplacements et de production. Le défi est immense … le temps est compté … Une nouvelle renaissance est nécessaire, incarnée par de nouveaux passeurs, des nouveaux Einstein, Becquerel ou Pasteur.