Depuis plusieurs décennies, nous faisons face à une évolution silencieuse mais profonde : la place de la lecture recule dans notre quotidien, en particulier chez les jeunes. En France comme dans les pays de l’OCDE, les constats sont partagés : nous lisons moins, moins longtemps, et souvent avec plus de difficulté.



En cinquante ans, nos habitudes ont profondément changé. Là où la lecture occupait une place centrale, elle est aujourd’hui concurrencée par d’autres usages. Et cette évolution s’est accélérée ces dix dernières années. Beaucoup de jeunes lisent peu, peinent à s’engager dans des textes longs, et associent parfois la lecture à une contrainte plutôt qu’à un plaisir.


Une question de temps… mais aussi de qualité
Nous devons le regarder en face : le temps consacré à la lecture est devenu très faible. Mais au-delà du temps, c’est notre rapport même à la lecture qui évolue.
Lire demande de la concentration, de la patience, une capacité à entrer dans un récit, à suivre une idée, à construire du sens. Or ces compétences sont aujourd’hui fragilisées. Les études internationales, notamment celles du programme PISA, montrent que de plus en plus de jeunes rencontrent des difficultés face à des textes complexes.



C’est un signal d’alerte. Car la lecture n’est pas une activité parmi d’autres : elle est au cœur de notre capacité à comprendre le monde.
Les écrans : une révolution qui bouscule nos repères
Nous le savons tous : les écrans ont profondément transformé nos vies.

Chez les jeunes, mais aussi chez les adultes, le temps passé sur les smartphones, les réseaux sociaux ou les plateformes vidéo s’est imposé comme une norme. Et ce temps vient souvent se substituer à celui de la lecture.
Mais au-delà du volume, c’est la nature même des usages qui change. Les contenus courts, rapides, enchaînés, modifient notre rapport à l’attention. Ils rendent plus difficile l’effort nécessaire pour lire un livre, pour s’immerger, pour aller au bout d’un texte.

Nous le constatons tous : la concentration devient plus fragile, à l’école comme dans la vie quotidienne.
Une conséquence directe sur la réussite scolaire
C’est un point essentiel : la lecture conditionne la réussite scolaire.
Comprendre une consigne, structurer sa pensée, développer son vocabulaire, argumenter… tout passe par la maîtrise de la lecture. Lorsque cette pratique recule, les difficultés apparaissent rapidement, et les inégalités se creusent.
C’est pourquoi nous ne pouvons pas considérer la lecture comme un sujet secondaire. Elle est au cœur de l’égalité des chances.
Un enjeu pour toute la société
Mais la lecture ne concerne pas seulement l’école. Elle concerne chacun d’entre nous.
Lire, c’est développer son esprit critique, prendre du recul, s’ouvrir aux autres, nourrir son imagination. Dans un monde où l’information circule en continu, savoir lire, comprendre et analyser est une compétence essentielle pour rester libre et éclairé.
C’est donc un enjeu collectif. Un enjeu éducatif, bien sûr, mais aussi culturel, social et citoyen.
Retrouver un équilibre
Nous ne reviendrons pas en arrière. Les écrans font partie de nos vies. Mais nous devons collectivement retrouver un équilibre.

Redonner du temps à la lecture, redonner le goût de lire, redonner envie de s’arrêter, de réfléchir, de s’immerger.
👉 C’est ce combat que nous devons mener ensemble.
A la ville de Grigny-sur-Rhône, nous avons entamé ce travail avec la double ambition de la réconciliation des jeunes et moins jeunes avec la lecture et la prévention de nos enfants envers l’excès d’écran. Périscolaire, actions concrètes pour la lecture ou encore semaine des connexions, de nombreuses innovations mises en œuvre au quotidien dans nos écoles de Grigny-sur-Rhône. je vous propose de vous les détailler dans la seconde partie de l’article : À Grigny-sur-Rhône, nous agissons pour redonner le goût de lire
