Construire durablement : le bois, un matériau d’avenir pour nos bâtiments publics


En vi(ll)e, Patrimoine, Réalisations, Trajectoires, Vie locale / lundi, août 10th, 2026

La construction durable à Grigny-sur-Rhône ne se limite pas à afficher une ambition environnementale. Elle se traduit dans nos choix, nos chantiers et nos bâtiments publics. Elle guide aussi notre manière d’investir pour les prochaines générations.

Construire durablement, c’est d’abord regarder au-delà de la livraison d’un équipement. Nous devons anticiper sa consommation d’énergie, son empreinte carbone et son entretien. Nous devons également penser au confort des usagers et à la durée de vie des matériaux.

Le secteur du bâtiment représente 43 % de la consommation énergétique française. Il produit aussi près de 23 % des émissions nationales de gaz à effet de serre selon le Ministère de la Transition Ecologique. Nos écoles, nos équipements sportifs et nos bâtiments publics constituent donc un levier d’action majeur.

À Grigny-sur-Rhône, nous refusons d’opposer ambition environnementale et maîtrise des finances publiques. Nous voulons construire des équipements utiles, confortables et durables. Pour y parvenir, nous appliquons une règle simple : utiliser le bon matériau au bon endroit.

L’empreinte carbone commence avant l’ouverture du bâtiment

Lorsque nous parlons de performance énergétique, nous pensons souvent au chauffage ou à l’éclairage. Pourtant, l’impact environnemental d’un bâtiment commence bien avant son ouverture.

Il faut extraire les matières premières, les transformer puis les transporter. Le chantier consomme également de l’énergie et produit des déchets. Enfin, le bâtiment nécessitera un entretien régulier avant sa transformation ou sa déconstruction.

L’analyse du cycle de vie prend en compte toutes ces étapes. Elle permet ainsi d’évaluer l’impact global d’une construction.

La construction durable doit donc répondre à deux objectifs. D’une part, elle doit réduire les consommations d’énergie pendant l’utilisation du bâtiment. D’autre part, elle doit limiter l’impact carbone des matériaux et des équipements.

Dans cette démarche, le bois et les matériaux biosourcés jouent un rôle croissant.

Le bois, un matériau renouvelable aux nombreuses qualités

Le bois ne constitue pas seulement un choix esthétique. Il offre aussi de nombreuses possibilités techniques.

Nous pouvons l’utiliser pour les charpentes, les façades ou les planchers. Il convient également aux poutres, aux menuiseries et aux sous-faces. Enfin, les fibres de bois permettent de fabriquer des isolants performants.

Lorsqu’il provient de forêts gérées durablement, le bois constitue une ressource renouvelable. De plus, il conserve une partie du carbone capté par l’arbre pendant sa croissance. Cet avantage prend tout son sens dans les bâtiments conçus pour durer.

La préfabrication en atelier apporte aussi plusieurs bénéfices. Elle améliore la précision des éléments et facilite leur assemblage. Par ailleurs, elle peut réduire certaines nuisances sur le chantier.

Grâce à sa légèreté, le bois répond particulièrement bien aux projets d’extension. Il permet aussi d’intervenir sur des structures existantes sans augmenter excessivement leur charge.

Cependant, le bois ne doit pas remplacer tous les autres matériaux. Une construction responsable recherche avant tout la complémentarité. Le béton, l’acier, la pierre ou les matériaux recyclés conservent donc leur utilité.

Notre objectif n’est pas de construire uniquement en bois. Nous voulons construire intelligemment.

Une filière créatrice d’emplois en Auvergne-Rhône-Alpes

La construction bois représente également un enjeu économique pour notre région.

En Auvergne-Rhône-Alpes, la filière forêt-bois compte plus de 20 000 entreprises. Elle rassemble environ 43 500 salariés et génère près de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires selon FIBOIS AuRa.

Derrière ces chiffres se trouvent de nombreux métiers. Forestiers, scieurs, charpentiers, menuisiers, architectes et bureaux d’études participent à cette activité. De nombreuses entreprises artisanales font également vivre ces savoir-faire.

Filière Bois en Auvergne-Rhône-alpes

Ainsi, choisir le bois lorsque le projet le permet soutient l’économie régionale. Ce choix favorise aussi la formation et l’emploi dans nos territoires.

La commande publique possède, à ce titre, une responsabilité particulière. Une collectivité peut accompagner l’évolution des pratiques. Elle peut aussi encourager les entreprises à développer de nouvelles compétences.

À Grigny-sur-Rhône, des réalisations concrètes

La construction durable ne doit pas rester un principe général. Elle doit produire des résultats visibles dans nos équipements publics.

Depuis plusieurs années, Grigny-sur-Rhône intègre cette exigence dans ses projets. Nous agissons à la fois sur les bâtiments neufs et sur le patrimoine existant.

Le Pôle Enfance Robert Malfroy, l’école Pasteur, le Pôle sportif Michel Favier et la Maison des Internes illustrent cette démarche.

Le Pôle Enfance Robert Malfroy, un bâtiment exemplaire

Le bois y occupe une place visible au Pôle Enfance Robert Malfroy. Les poutres et les sous-faces participent pleinement à l’identité architecturale du bâtiment. Elles créent aussi une atmosphère chaleureuse pour les enfants, les familles et les professionnels.

Le bâtiment a atteint le niveau environnemental E3C1.

Label E3C1

La lettre « E » concerne la performance énergétique. Le niveau E3 traduit un effort important en matière de sobriété et d’efficacité. Il valorise également le recours aux énergies renouvelables.

La lettre « C » mesure les émissions de carbone sur l’ensemble du cycle de vie. Le niveau C1 traduit une exigence renforcée sur l’impact des matériaux et des équipements.

Ainsi, le Pôle Enfance associe performance énergétique, réduction des émissions et qualité d’usage.

À l’école Pasteur, préserver le patrimoine et préparer l’avenir

La rénovation et l’extension de l’école Louis Pasteur poursuivent cette même logique.

Nous avons voulu préserver l’identité de cette école historique. En parallèle, nous l’avons adaptée aux besoins actuels des enfants et des équipes éducatives.

Le projet intègre plusieurs éléments liés à la filière bois. Les menuiseries mixtes bois-aluminium renforcent notamment la qualité thermique du bâtiment. L’opération utilise aussi de la ouate de cellulose et des matériaux intérieurs faiblement émissifs.

Couloir Sud à l'étage de l'école Pasteur

La rénovation doit réduire d’environ 63 % la consommation d’énergie finale. Pourtant, la surface du groupe scolaire a augmenté. Elle est passée d’environ 1 500 à plus de 1 800 mètres carrés.

Cette performance résulte d’un travail global sur l’enveloppe et les équipements. Une chaufferie alimentée par des granulés de bois remplace également plusieurs anciennes chaudières au gaz.

L’école Pasteur démontre ainsi que patrimoine et innovation peuvent avancer ensemble. Nous pouvons préserver l’histoire d’un bâtiment tout en améliorant fortement ses performances.

La laine de bois au Pôle sportif Michel Favier

La construction durable concerne aussi la rénovation de nos équipements existants.

Dans le cadre de la rénovation énergétique du Pôle sportif Michel Favier, nous prévoyons d’utiliser de la laine de bois. Cet isolant intégrera les nouveaux complexes prévus sur le bâtiment.

Façade Est du Projet Favier

Fabriquée à partir de fibres de bois, cette solution offre de bonnes performances thermiques. Sa densité contribue également au confort pendant les fortes chaleurs.

En effet, la laine de bois ralentit la progression de la chaleur à travers les parois. Ce phénomène porte le nom de déphasage thermique.

Nos bâtiments doivent désormais répondre à un double enjeu. Ils doivent protéger les usagers du froid en hiver. Toutefois, ils doivent aussi limiter les surchauffes estivales.

Grâce à cette rénovation, le Pôle sportif consommera moins d’énergie. Les associations et les sportifs bénéficieront également d’un meilleur confort. Enfin, la Ville réduira durablement ses dépenses de fonctionnement.

La Maison des Internes, réhabiliter plutôt que démolir

La Maison des Internes, actuellement en chantier, offre un nouvel exemple de notre démarche.

Le projet transforme un bâtiment en béton construit dans les années 1970. Nous avons choisi de conserver cette structure au lieu de démolir l’ensemble.

Ce choix limite la consommation de nouvelles ressources. Il réduit aussi la production de déchets. Surtout, il donne un nouvel avenir à un bâtiment qui peut encore servir.

La construction durable ne concerne donc pas uniquement les bâtiments neufs. Elle repose aussi sur notre capacité à transformer l’existant.

Une extension en ossature bois vient compléter la structure en béton. Le projet associe ainsi deux époques et deux techniques de construction. La robustesse du bâtiment existant rencontre la légèreté du bois.

Les nouveaux balcons utilisent notamment du bois lamellé-collé. Cette technique assemble plusieurs lamelles de bois pour créer des éléments structurels solides. Elle permet aussi de réaliser des ouvrages stables et précis.

Par ailleurs, le lamellé-collé peut franchir des portées importantes. Le bois reste visible et participe donc directement à l’architecture du projet.

La Maison des Internes résume notre approche. Nous ne voulons pas effacer systématiquement les constructions des années 1970. Nous préférons les adapter lorsque leur structure le permet.

Ainsi, nous limitons l’impact environnemental du chantier. Nous améliorons aussi le confort, la qualité architecturale et l’usage du bâtiment.

Construire d’abord pour les usagers

La performance environnementale ne doit jamais faire oublier la mission principale d’un bâtiment. Celui-ci doit accueillir ses usagers dans de bonnes conditions.

Une école doit offrir des salles lumineuses et une température agréable. Elle doit aussi garantir une bonne qualité de l’air.

De la même manière, un équipement sportif doit rester confortable toute l’année. Un bâtiment public doit enfin être accessible, solide et facile à entretenir.

La construction durable ne se résume donc pas à quelques indicateurs techniques. Elle se ressent chaque jour dans le confort des habitants. Elle améliore également les conditions de travail des agents municipaux.

De plus, la qualité d’un matériau se mesure dans le temps. Celui-ci doit correspondre à son usage. Il doit aussi être correctement mis en œuvre et conserver ses performances.

Faire de chaque investissement un choix pour l’avenir

À Grigny-sur-Rhône, nous continuerons à utiliser les matériaux biosourcés lorsque les projets s’y prêtent. Nous intégrerons également des solutions bas carbone dans nos constructions et nos rénovations.

Cette démarche ne répond ni à une mode ni à une posture idéologique. Elle repose sur une approche pragmatique.

Nous voulons réduire les consommations d’énergie et améliorer le confort des usagers. Nous souhaitons aussi soutenir les savoir-faire de notre région. Enfin, nous devons maîtriser les dépenses de fonctionnement de la Ville.

Construire durablement, c’est regarder au-delà du chantier. C’est aussi penser au-delà d’un mandat.

Les bâtiments que nous réalisons aujourd’hui accueilleront encore les Grignerots demain. Ils doivent donc répondre aux besoins actuels sans compromettre l’avenir.

À Grigny-sur-Rhône, le bois et les matériaux durables participent pleinement à cette ambition.